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Archives pour la catégorie ‘Expositions’

Marrakech :Exposition Galerie Rê M’barek Bouhchichi

Marrakech :Exposition Galerie Rê M’barek Bouhchichi

La peinture abstraite de M’barek Bouhchichi se situe, comme en témoignent les ‘meta¬scape’ qu’il expose cette année, dans le sillage de l’expressionnisme abstrait, du mouvement ‘Action Painting’ et de la peinture de Jackson Pollock: technique proche du ‘dripping’ (égout¬tement) et du ‘splashing’ (éclaboussure); même façon de traiter la toile comme ‘action’ et pas comme ‘image’. Elle évoque également, faisant jouer la magie des ‘verticales’ contre les ‘horizontales’, les fortes émotions que créent les œuvres de Mark Rothko.

Partageant, au départ, avec Pollock sa façon de travailler à même le sol, en liberté et avec une vraie maîtrise gestuelle et conceptuelle, Bouh¬chichi crée son propre univers. Ses toiles ne sont pas peintes ‘ail over’ comme celles de l’expressionnisme abstrait, mais beaucoup plus aérées. En laissant blanches certaines parties de sa toile, c’est-à-dire en faisant intervenir le fond comme s’il était chargé de matière, Bouhchichi va même plus loin que ces peintres ne l’avaient fait.

C’est sur une toile bien étalée sur le sol, comme le faisait Pollock, que Bouhchichi laisse libre cours à son instinct, ou à son inconscient. Il pose ses pigments avec des moyens de fortune, intervient au crayon graphite, se sert de pinceaux et de brosses diverses, qu’il glisse, racle ou fait gicler dans sa gestuelle. Le peintre, en état d’ex- trême concentration, est ‘dans sa toile’ et dirige, comme un chef d’orchestre, l’ordre des choses.

Pris dans l’acte de peindre, il recherche un équilibre visuel à travers l’espace, les formes et les couleurs. Le mouvement rythmé des volumes et des traits qui s’entrecroisent se met en place dans la méditation et la poésie. Les couleurs, transparentes et secrètement lumineuses, vont du brun au vert, avec parfois une trace de rouge, un blanc nacré bien irisé, des gris, de l’écru et toutes les nuances sable du désert, des spirales et des traits, des taches, des éclaboussures, des vides, des pleins, un univers mouvant aux formes qui se jouxtent – une alchimie, une pure création.

Dans sa gestuelle, Bouhchichi est instinctif et réagit avec des interventions rapides et des volte- face réfléchies: chaque nouvelle touche, chaque trait sur la toile, chaque coulure, chaque tache qui semble s’effriter dans le vide sont les affirmations d’un équilibre visuel et méditatif. Un an après sa première exposition en cette même galerie Rê, qui permit à Bouhchichi de refermer le cycle de ses ‘Volumes’, l’artiste va de l’avant avec ces ‘Meta-scapes’. Son style n’a pas changé; mais les formes sont plus turbulentes et dynamiques. On remarque, dans cette nouvelle approche, un rythme d’accélération plus fluide dans ses ‘splash’ et ses nouvelles spirales tourbillonnantes, qui font ‘bouger’ les volumes cubiques suspendus dans l’espace. Il n’y a plus de frontière réelle entre le monde extérieur et la toile, puisque les traits que l’ont voit sur la toile peuvent se prolonger à l’infini. Bouhchichi crée dans son champ de vision un univers illimité – d’où le monumental et la grandeur dans ses œuvres.

Exposition Galerie d’art Lawrence-Arnott Katie Gabet

Exposition Galerie d’art Lawrence-Arnott Katie Gabet

Gabet est suprêmement douée pour capturer les teintes de rose et d’améthyste des montagnes du Rif baignées de soleil, ainsi que les verts de la mousse, les couleurs ambre et terre de sienne des feuillages des palmeraies desséchées. Cette sensibilité à la lumière et aux couleurs si caractéristique des meilleures œuvres de Gabet, trouve son meilleur exemple dans MOSQUÉE DE MOULAY IDRISS, où l’utilisation qu’elle fait des mauves, du blanc titanium, du bleu céruléen, des taches jaune cadmium, donne à la peinture une spiritualité sereine digne du sujet. Dieu est léger, brillant, aveuglant, éblouissant et éternel. Gabet cherche à capter cette lumière au-delà de la lumière visible, cette lumière qui ne projette pas d’ombre, ni ne diminue. La note spirituelle si caractéristique du travail de Gabet est également implicite dans ses portraits.

L’homme est fait à l’image de Dieu et cette ‘ressemblance’ le dote d’une sublime dignité. Elle l’élève au-dessus de toutes les autres créatures et, même si l’image est attaquée par l’âge, la maladie, le péché, elle n’en demeure pas moins un témoignage de la grandeur du prototype. Les représentations que fait Gabet des rues sont immobiles, silencieuses, désertes. Elles peuvent aussi servir de décor, et elle juxtapose alors des silhouettes flottantes et solitaires, baignées dans la lumière du soleil de midi. Dans cette sublime exposition, Gabet préserve l’ADN culturel visuel du Maroc.

Elle cherche l’âme de la civilisation et du peuple, la trouve et la transcrit pour la postérité. Il y a de la grandeur dans son travail grâce à la grandeur des thèmes choisis. Peu d’artistes ont choisi un tel objectif et, l’ayant choisi, peu auraient réussi à l’atteindre aussi bien. Sans aucun doute, elle est l’Orientaliste par excellence et personne ne la surpassera dans les prochaines décennies.

Régis Delène-Bartholdi Exposition Matisse Art Gallery Marrakech

Régis Delène-Bartholdi Exposition Matisse Art Gallery Marrakech

L’exposition présentée à Matisse Art Gallery est le résultat d’un travail riche de deux années et demi de recherche ancré dans l’élan amoureux que Délène-Bartholdi porte au Maroc depuis trente années déjà. L’ensemble des œuvres exposées est un hommage rendu à une tradition marocaine dont la femme est au centre.
C’est sous le thème des « Fiancées de la pluie» que cet artiste, globe trotter, dresse le portrait de femmes sur qui repose une espérance, une tradition, un art de vivre. Cette coutume ancienne consiste, pour les jeunes femmes issues des tribus qui la pratiquent, d’arborer toute une ornementation censée apporter des pluies diluviennes sur des terres arides et asséchées.

A l’heure où l’eau se fait or bleu, ce cérémonial est une véritable ode, non seulement à Dame Nature, mais également à ces tribus qui reposaient entièrement, et encore aujourd’hui pour certaines, sur les récoltes des cultures. Mais Bartholdi n’en n’est pas à son coup d’essai concernant les témoignages de la Terre et des populations qui la foulent. Ainsi après un long séjour au États-Unis, Régis Delène-Bartholdi choisit l’Afrique comme terre d’inspiration et de création, mais aussi comme source de vie. C’est le désert qui le premier prendra une place de choix dans son œuvre. Il va vivre au rythme des nomades, découvrir le Sahara, traverser des tempêtes de sable, entre le Maroc, la Mauritanie et le Niger. Au fin fond de ce désert, il recherchait le savoir. Tombouctou, Chinguitti où les greniers de Sijilmassa lui offrent généreusement leur intimité où il puise son inspiration. Bartholdi utilise alors dans ses toiles le matériel, mais aussi le vocabulaire essentiel aux gens du désert, comme des fragments de manuscrits arabes, le mélange de sable, d’huile et de cire … «Je veux rendre hommage aux peuples, à ces sociétés, qui à partir des premiers siècles ont acheminé depuis l’Égypte ou la Grèce, les embryons d’une culture qui n’a cessé d’être valorisée. C’est pourquoi dans mes toiles, le thème des traités d’astronomie ou de mathématiques, du droit et des contrats sociaux est souvent abordé.» «Mémoires de sable» comme les « Fiancées de la pluie » peuvent se lire de deux manières. «Lune se fait naturellement dans la dimension esthétique pure, l’autre à laquelle je suis attaché est la référence à l’histoire que racontent ces documents. »