Cinéma et cinéastes marocains
Cinéma et cinéastes marocains
Le cinéma est l’art du 20ème siècle. Son histoire est celle d’une découverte destinée à un usage proprement scientifique.
Sa valeur expérimentale est restée tel1e que , pour mieux comprendre l’enjeu et la valeur artistique du cinéma, il faille deviner qu’il n’y a pas de cinéma complet c ‘est là l’art du discontinu et de l’expérimentation du regard, Fixer le mouvement, agencer, monter, c’est travailler sur une trame dont la cohérence est, certes, fixée antérieurement. dont 1 ‘objectif culturel est insigne,mais qui soumet toute cette élaboration initiale à la logique de la camera, d’un découpage séquentiel et structurel, faisant l’appel à une technique proprement cinématographique . c est-a-dire: dont le propre, la propriété n’est pas tel ou tel aspect-critère d’élaboration, mais d’être un travail de fixation, de regard, de vision libérée de tout ce qui le sous-tend et le préfabrique, Le discontinu qui est à l’ œuvre, c’est peut-être la science, le discours de la vérité dans sa mise en cause artistique, Voir, écouter, cinématographiquent. c est expérimenter la science non comme discours, logique et méthode, mais comme langage, L’objet est là, ni scientifique ni aléatoire, soumis à une divagation rigoureuse : la caméra et ses accessoires scénographiques. Techniques. C’est la technique elle-même face au réel et au monde. Telle qu’elle permet de voir et d’écouter le monde, les choses, les êtres ceux – ci étant dérobés à une intelligence étroitement scientifique. On dirait que la science s’improvise en art pour échapper a son statut scéniquement retiré de toute parole, de toute action immédiat sur les choses et les êtres, sur ces choses et ces étres qui l’élaborent et qu’elle permet de comprendre, Jusqu’à moment où la science elle-même se popularise et devient un art devant mener à sa propre intelligence – au-delà de 1 Intelligence et de l’intransitivité du langage artistique.
Pas étonnant donc qu’un communiste comme G. Sadoul ait consacré sa vie au cinéma, à son histoire a son aire culturelle générale, Pas étonnant non plus qu’un René Clair estime que l’avenir du cinéma est plus fort et imprévisible qu’on ne le suppose, C’est que le cinéma promet beaucoup, au peuple aussi bien qu’à l’art, et que n’ayant permis Jusqu’ ici l’éclosion d’aucun cinéma purement artistique, purement populaire, il recèle tout au moins la possibilité de brasser universellement 1’art dans une optique extêmement savante et si proche du peuple des masses ; des stands forains, Le cinéma n’est pas qu’un jouet scientifique devenu art, stand forain devenu écran universel, il est aussi le ciel technique des arts populaires, les plus différents et les plus lointains, Ces arts doivent être pris en charge pares Cinéastes, qui sont les médiateurs entre les cultures et les peuples, les ethnies et les techniques de représentation les plus éloignées et apparemment inconciliables, Sil est tellement populaire, c’est que l’art scientifique parle un langage proche de ses origines (scientifiques) et proche aux masses (généralement Inaccessibles à d’autres formes de l’expression artistique) Le cinéma pour tous, l’art (cinématographique) pour tous est le pendant de la poésie faite par tous (Lautréamont), Que tout le monde y participe, techniciens, artistes et audience, c’est que l’art cinématographique y Invite, par nécessité intrinsèque à toute forme d’art, de science et de technique. Le cinéma permet de situer l’être en dehors des Identités renfermées et des humanismes démagogiques.
C’est là la vérité du Cinéma C’est là aussi que le cinéma national a des chances d’être marocain. Le cinéma, pour être marocain ne dort pas représenter le Maroc; il doit se laisser représenter par un Maroc invisible. Un Maroc qui a son mot à dire, à l’ère de la technique où la main (artisanale, scripturale) disparaît peu à peu face a ‘ invasion ‘audio-visuelle, A l’ère aussi où en occident comme en orient. L’intellectuel-écrivain qui représentait l’universel et par a’ cour ‘es autres, est concurrencé mortellement par l’intellectuel spécifique. ne parlant que du particulier, mais impliqué dans l’universel politiquement et scientifiquement. Le cinéma devrait être l’art de la grande politique (Nietzsche) et du savoir le moins spécialisé ; le moins étriqué dans son domaine et son audience, puisqu’il travaille sur le visible, l’audible
en même temps que sur science ; la technique et l’art,
La qualité du Cinéma dépend de sa capacité d’ouverture de profondeur. Ouverture sur le dehors qui traduit un approfondissement de son dedans le plus absolu.
Une chose est socialisée, humaine, déjà mythologique quand elle est cinématographiée. Cependant le Cinéma doit restituer les choses et les êtres à leur vérité la plus nue , la plus secrète, en combinant une sorte de catharsis ces choses et des êtres, loin de la technique instrumentale et scientifique. La technique tend vers une telle catharsis, c’est la raison pour laquelle le cinéma à ce pouvoir populaire et universel qui le définit. Le marocaniser c’est le soumettre à la question même du cinéma (technique, Art, et savoir) qui la chose, l’être, Le devenir du monde est entré dans une phase nouvelle, qui caractérise le savoir contemporain, la Culture travaillée par la technique. Une ouverture illimitée et un enfermement systématique du savoir aux autres savoirs, aux systèmes environnants. L’un des rôles du cinéma aussi est de montrer concrètement cette phase. De telle façon que le stand forain, devenu écran universel, anticipe et donne à lire ce devenir planétaire qui, plus que jamais sollicite la pensée et l’action, la méditation et la participation de tous.